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Le Nataraja Psychedelic Gathering rassemble chaque été des amateurs de musiques électroniques et d’arts psychédéliques à Domats, dans l’Yonne. On y retrouve des concerts et des DJ sets, des décors construits pour les scènes, des projections et des ateliers.

La scène et le public pendant une projection nocturne

Un festival associatif

Derrière le festival, il y a l’association Nataraja, active depuis le début des années 2010. Elle organise des événements, accompagne des artistes et produit de la musique avec son label Nataraja Records. La décoration et les arts visuels font partie de ses activités, avec la fabrication de scénographies et la mise en commun de matériel et de savoir-faire.

Un décor de scène illuminé, vu depuis le public

Une annonce du Gathering en 2016 décrit un rassemblement de trois jours, réservé aux adhérents et limité à 450 personnes. Deux scènes accueillaient déjà de la psytrance, du dub, du chill-out et de la techno. Le projet associait dès cette époque la musique, les arts et le plein air.

Le format s’est développé autour de trois espaces : Psytrance, Chill Out et Alternative, avec des spectacles et des expositions. La présentation de l’édition 2024 donne un aperçu de cette organisation. Le festival fête ses dix ans avec une édition anniversaire en juillet 2026.

Le public sous une canopée de tissus en journée

Le nom Nataraja fait référence à Shiva sous sa forme de seigneur de la danse. Cette figure hindoue représente notamment les cycles de création et de destruction de l’univers.

Les panneaux de scène soulignés par des motifs lumineux

Les arts psychédéliques, de l’affiche au décor

Les arts psychédéliques sont étroitement liés à la musique et aux lieux où elle se joue. Dans les années 1960, des affichistes comme Wes Wilson et Victor Moscoso développent des compositions aux couleurs contrastées et aux formes déformées. Le Victoria and Albert Museum montre notamment comment ces graphistes reprennent les courbes et les ornements de l’Art nouveau.

Une canopée aux formes courbes au-dessus de la piste

À la même époque, des clubs comme l’UFO et le Roundhouse de Londres réunissent déjà musique, projections et danse. Cette association est présentée dans l’exposition du V&A sur les contre-cultures. Les festivals actuels prolongent cette pratique avec d’autres outils et des installations adaptées au plein air.

La scène vue de plus loin, sous les tissus tendus

À Nataraja, le décor fait appel à plusieurs techniques : peinture, gravure, string art, tissus extensibles et construction en bois. Le string art utilise des fils tendus pour former des motifs géométriques ; les tissus servent notamment à fabriquer les canopées qui couvrent les pistes. Ces éléments restent visibles en journée, avant les éclairages et les projections du soir.

La canopée et les décors vus depuis le fond du public

Le décorateur, menuisier et graphiste Isomorphik Arts travaille notamment sur les devants de scène, les canopées et les surfaces destinées au mapping. Le choix des matériaux, les découpes et la disposition des panneaux déterminent les possibilités du travail vidéo qui suivra.

Un ensemble de panneaux géométriques éclairés autour de la scène

Le mapping et le travail de la lumière

Le vidéo mapping consiste à ajuster une projection aux contours d’un support. Au festival, les images peuvent ainsi suivre les découpes du décor, souligner un relief ou couvrir une partie précise de la scène. Le même panneau peut recevoir plusieurs animations et changer d’aspect pendant la soirée.

Une structure géométrique lumineuse devant le décor de scène

La préparation demande de repérer les surfaces, de régler les projecteurs et de créer des masques pour limiter l’image aux zones choisies. Il faut aussi vérifier le résultat depuis la piste : une animation lisible sur un ordinateur peut perdre ses détails une fois projetée à distance.

La scénographie éclairée en rouge devant le public

Les images jouent sur la répétition, les contrastes et le déplacement des motifs. Des lignes peuvent suivre les arêtes d’une structure, puis être remplacées par des aplats de couleur. Ce travail permet de modifier la perception du décor au fil de la musique, sans déplacer ses éléments.

Des motifs rouges et jaunes répartis sur les panneaux du décor

La projection peut être complétée par des LED. Les deux dispositifs ont des fonctions différentes : le projecteur éclaire un support, tandis que les LED produisent directement de la lumière. Leur combinaison permet de travailler à la fois les surfaces et les contours de l’installation.

Lux Felicis et le C.O.G

Depuis 2021, Lux Felicis participe au festival comme VJ. Notre article Techno Shaman présente notamment son travail de vidéo-LED mapping sur une scénographie d’Isomorphik Arts. On peut aussi en voir un extrait dans cette vidéo de Nataraja sur YouTube.

Travail à la régie devant les motifs projetés sur la scène

Pendant la diffusion, le VJing permet de choisir les séquences, de modifier leur vitesse et de gérer les transitions. Le travail suit les évolutions de la musique : un passage plus calme peut laisser davantage de place à une image fixe ou à un mouvement lent, avant une séquence plus rythmée.

Le poste de régie avec la scène en arrière-plan

Cette pratique demande de pouvoir intervenir sur les images tout en gardant un œil sur le résultat projeté. La position de la régie et la visibilité du décor comptent donc autant que la préparation des contenus.

Une autre vue du poste de travail face au décor

Le travail se fait avec les personnes chargées de la scénographie, de l’éclairage et de la technique. Il faut accorder les installations, régler les niveaux de lumière et adapter les contenus aux supports disponibles.

La régie et les panneaux géométriques éclairés

Vue latérale de la structure et de ses motifs lumineux

Les ateliers et les rencontres sur place

Les ateliers ont également leur place au Gathering. Le programme de l’Art Factory proposait, lors de l’édition 2023, une jam musicale, du body painting et du live painting avec Nice2PaintYou, une initiation au massage thaï avec Ty Main Sage, ainsi que de la jonglerie avec Poï Ad+. La scène Alternative était alors utilisée le matin pour accueillir ces activités.

Une personne munie d’un appareil photo sur le site du festival

Ces formats permettent d’essayer une pratique ou d’échanger avec les personnes qui l’animent. Le public peut participer à une improvisation musicale, découvrir un geste de peinture ou s’initier à la manipulation d’un accessoire de jonglerie. L’organisation invite aussi à proposer des ateliers, des performances et des expositions : la programmation se construit avec les contributions des participants.

Un participant sous une toile en journée

Cette place donnée à la pratique rejoint les activités du C.O.G, qu’il s’agisse d’arts numériques, de jeux ou d’ateliers de bricolage et de surcyclage. À Nataraja, la participation de l’association avec Lux Felicis permet de présenter un travail artistique tout en échangeant avec d’autres équipes et avec le public.

Les informations et les liens de l’organisation sont regroupés sur le Linktree de Nataraja.