Recyclage, Upcycling et Réparation
Recyclage
Le recyclage constitue la forme la plus institutionnalisée de gestion des déchets. Il implique des infrastructures industrielles capables de collecter, trier, broyer et réintroduire la matière dans une filière. Le recyclage n’est jamais neutre : il nécessite de l’énergie, des procédés techniques lourds et une logistique souvent mondialisée. Paradoxalement il demande parfois plus d’énergie que l’extraction de matière première, et coute aussi parfois plus cher1.
Dans une perspective écologique, il est préférable de minimiser l’entrée dans la filière industrielle : l’idéal reste de transformer ou réemployer. L’approche low-tech souligne en particulier que plus un objet est simple, plus il se recycle facilement et plus il est réparable, limitant son passage à l’état de déchet2.
Le projet Precious Plastic conçu par Dave Hakkens en 20133 fournit un exemple notable : il propose, en open source, des machines permettant de recycler mécaniquement les plastiques (broyeur, extrudeuse, presse). Ces dispositifs montrent que des formes artisanales et distribuées de recyclage peuvent exister, à condition de réduire la complexité technique et de rendre les outils réparables et appropriables localement.
Des ateliers du C.O.G en octobre, novembre et décembre 2025 ont servi à transformer des acessoires promotionels offert par un mécènne à l’association. Il a fallu enlever l’ancien logo de notre partenaire pour en faire de nouveaux objets.
Upcycling
Le surcyclage (upcycling) consiste à réutiliser une matière ou un objet pour fabriquer un produit ayant une valeur plus élevée que l’original. Il mobilise fortement les cultures makers : travail manuel, expérimentation, bricolage, et réappropriation créative des matériaux.

Un exemple documenté est celui de Bilum4, entreprise française qui transforme des bâches publicitaires, airbags ou textiles techniques en sacs et accessoires. Le procédé exploite l’esthétique de la matière usagée, tout en allongeant sa durée de vie : l’intention écologique y rencontre une logique culturelle et artisanale.
L’approche low-tech valorise particulièrement ce geste : la transformation repose sur des techniques sobres, peu mécanisées, où les outils sont simples et réparables. Le surcyclage repose ainsi sur une économie de proximité et des compétences accessibles, favorisant une chaîne de valeur locale.

Plastic Alien crée des costumes cosmiques engagés dans l’art du réemploi. Elle propose un univers créatif qui se nourrit de chutes de matières textiles et non textiles, transformées en costumes lumineux, énigmatiques et uniques. Chaque pièce est bien plus qu’un simple vêtement; c’est un langage, une invitation à rêver et à s’exprimer. Son travail de sonstumière s’inscrit dans une démarche d’inclusivité, où chaque corps a sa place et mérite d’être célébré. En utilisant des matériaux de réemploi, elle s’engage à réduire son empreinte écologique tout en créant des pièces qui capturent l’imaginaire.
Réparation
La réparation, élément central des low-tech5, demande une architecture simple : les objects doivent être démontables, non collés, peu dépendants d’électronique miniaturisée. Cette logique contraste avec celle de nombreux objets industriels contemporains, conçus selon des stratégies d’intégration et de compactage rendant la réparation trop coûteuse ou impossible à cause de la miniaturisation.
Ainsi, dans de nombreux pays européens, les boutiques professionnelles de réparation disparaissent. Le phénomène s’explique par le coût élevé du travail, qui rend économiquement irrationnel de consacrer plusieurs heures à une réparation face à un produit neuf importé à bas prix. Cette disparité crée une tension entre économie locale et production mondialisée, au détriment de la durabilité.
Les Repair Cafés, en sont un exemple : ces ateliers gratuits permettent au public de réparer des objets courants (petit électroménager, textile, vélo) avec l’aide de bénévoles. Les rapports annuels6 documentent les taux de réparation et les typologies de pannes, montrant qu’une majorité d’objets peuvent être réparés lorsqu’ils sont conçus avec des vis, des pièces standard et des modules accessibles (Repair Café International Foundation). Les atelier du mercredi à la Gare Expérimentale de la porte des Lilas à Paris, propose les mercredi des ateliers d’auto-réparation et de bricolage

Les communautés makers tentent de combler ce vide en développant des ateliers collaboratifs, où la main-d’œuvre est collective, bénévole ou mutualisée. Le réseau L’Heureux Cyclage7, par exemple, démontre l’efficacité de la réparation distribuée des vélos, rendue possible par la standardisation relative des composants mécaniques.
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Stahel, W. (2019). The Circular Economy: A User’s Guide. Routledge. ↩
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European Environmental Agency (EEA). (2019). Preventing waste: the role of product durability. ↩
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Hakkens, D. (2013). Precious Plastic Project. Documentation et plans open source. https://preciousplastic.com ↩
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Bilum. Surcyclage de bâches, airbags et textiles techniques. https://www.bilum.fr ↩
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Bihouix, P. (2014). L’Âge des low-tech. Vers une civilisation techniquement soutenable. Seuil. ↩
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Repair Café International Foundation. Rapports annuels et documentation. https://www.repaircafe.org/en ↩
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L’Heureux Cyclage. Réseau des ateliers vélos participatifs. https://www.heureux-cyclage.org ↩
